Dimanche 24 août. Il est 6h45. J’ai commencé par avaler de travers vers 5h du matin alors que je dormais et j’ai beaucoup toussé. J’ai tout de suite pensé à notre future rupture. J’ai pleuré. C’était ma première crise. Depuis une semaine exactement, j’avais bien tenu. Notre dispute à La Malmaison a été le début d’une déchirure commune. En fait, il s’agissait d’une seconde déchirure pour moi. La première a eu lieu à la fin du mois de juin, il y a 2 mois. La tristesse, une forme d’anéantissement m’envahissent. Il faut que j’écrive, cela fera partie de ma thérapie. Il me faudra trouver d’autres moyens pour passer cette période qui va être extrêmement dure pour moi. Je pense au champ de blé à Auvers-sur-Oise et je pleure. Je revois les blés que nous avons ramassés le long du chemin qu’empruntait Van Gogh et nous avons fait du pain avec les grains quelques jours plus tard. Ce n’était pas aussi bon qu’on l’avait pensé. Tu as pris encore beaucoup de photos de mon visage et tu les trouvais belles. Hier, soir après t’avoir téléphoné sans t’avoir eu au bout du fil, je me suis servie d’une de ces photos pour créer mon profil sur CUM. Il va falloir que je trouve une oreille attentive masculine. Il faudra que j’essaye de plaire pour me raccrocher. Je n’ai pas envie d’un autre corps. Je souhaite des bras consolants. Même ceux-là seront difficiles à trouver.
J’ai donné rendez-vous pour cet après-midi au parc floral à un homme qui m’a contactée. C’est rapide. J’aurais tellement voulu passer avec toi ce moment. Il faut que j’arrive à me séparer de toi. C’est un des moyens qu’il va falloir que je m’impose pour ma survie.
Je repense à certaines rares nuits où tes mains étaient si caressantes. Mais ton envie de moi était toujours bien présente chaque fois. J’étais rassurée mais je trouvais aussi que c’était réducteur. Ma poitrine, mon vagin et Point. Je te l’exprimais et tu me disais que tu as déjà eu des femmes qui te plaisaient énormément comme moi mais tu ne les a pas gardées parce qu’il y a autre chose à attendre après quelques nuits.
Depuis le mois de janvier, date de ton premier jour de travail, notre situation a empiré. J’ai lavé, repassé tes chemises pour que tu sois libéré d’une corvée et que tu puisses te concentrer pleinement sur ton travail. Tu n’arrivais pas à te libérer mentalement pour me consacrer quelques heures, même seulement 2 heures le week-end. J’étais vexée. Énormément. On se voyait le jeudi parce que tu rentrais de voyage le mercredi soir complètement épuisé.
Je n’ai pas compris cette façon de faire et je ne comprends toujours pas. Tu m’as dit : « je suis mono tâche ». En quelque sorte, c’est Travail ou Femme, il faut choisir. Pas facile d’entendre cela. Encore moins de le supporter. J’ai craqué pour la première fois. J’ai demandé un break.
Je te reprochais aussi d’autres choses. J’y reviendrais.
Ça va être dur de te quitter. Il faut pourtant que j’y arrive. Si tu trouvais une autre femme, je serais sans doute un peu plus libérée.
Si je trouve un autre homme, serais-je seulement capable de l’embrasser, pas sûr. Il faudra sans doute se forcer et ne pas craquer pour pleurer.
Dans moins d’un mois, nous allons passé 13 jours sur le plus beau bateau pour faire une croisière dont les escales te plaisent tant. Moi, je suis contente d’être sur ce bateau, les escales ne m’intéressent pas beaucoup parce que je connais déjà ces pays, ces villes sauf 2 : Yalta et Odessa dans lesquelles il n’y pas grand chose à visiter. Mais je voulais te faire connaître ces sensations sur un paquebot. Toi qui a pris le train avec moi pour la première fois 2 mois après notre rencontre… Comment vont se passer ces jours ? Mêlés de tendresse, de tristesse, de désarroi, d’amertume. Je ne sais plus quoi faire.
Tu m’as dit hier matin au téléphone qu’on ne parlera plus du passé mais plus d’avenir non plus entre nous. J’ai écourté sèchement cette conversation. Tu m’as rappelée et je t’ai expliqué que ta phrase était très claire. Tu m’as dit que cette phrase ne s’appliquait que pour le sujet concernant ta fille. Ça veut dire quoi exactement ? Tu joues avec les mots. Ta fille est à l’origine de notre déchirure. Nous étions heureux dans cette Malmaison et tu as trouvé un trèfle à 4 feuilles. Nous avons fait des vœux : grande maison, réussite professionnelle, et le toutim. J’ai rajouté « réussite pour mon fil »s et tu m’as aussitôt jeté : « Et une chambre pour ma fille ». Je me suis cabrée. Une chambre pour ta fille dans notre maison ! Il n’y aura que des chambres d’amis et que du passage par conséquent, t’ai-je répondu. Tu m’as dit sur un ton odieux : « je n’admets aucune réflexion sur ma fille ». Et voilà, le début de la fin.
Lundi matin, lendemain de notre refroidissement, tu m’as dit après avoir essayé de placer le bouchon sur le robinet d’arrêt d’eau de la machine à laver que je n’avais plus qu’à aller changer le bouchon puisque je n’avais pas acheté la bonne dimension et à essayer de le placer, « moi ou avec quelqu’un d’autre ». L’arrêt verbal était signé. Ça m’a fait mal.
8h00- Je viens de répondre à J. sur CUM. Il me parait attentif et patient. J’ai tellement envie que quelqu’un m’écoute. S’il passe à Paris, je le rencontrerai. Il le faut. Pour espérer penser moins à toi, tout simplement. C‘est trop dur d’écrire tout cela mais ça me donne un peu de force, de courage, de volonté. Mes idées s’éclaircissent un peu.
Ta fille qui te méprise depuis 2 ans. Pas une réponse à tes nombreux messages et tu persistes. Et nous vivons mon fils et moi la situation inverse. Tu n’as pas la volonté nécessaire pour faire place nette dans ta situation. Tu crois que ta fille t’aime mais qu’elle est sous l’emprise malfaisante de sa mère. Pas à 19 ans. Pas complètement. Tu excuses tout pour ce motif. Je t’ai proposé de prendre mon scooter pour aller la voir, tu as prétexté qu’il faisait trop chaud et que c’était trop loin finalement pour faire ce trajet en scooter. Je t’avais aussi proposé de garder la voiture que j’ai loué pour mon anniversaire pour lui rendre visite, c’était trop tôt par rapport à son anniversaire m’as-tu répondu. Un mois trop tôt. Faut-il attendre un anniversaire pour prendre des nouvelles de sa fille adorée et victime ? Je ne te comprends pas.
J’ai tellement pleuré que mon visage est tout boursouflé. Je ne sais pas comment je serai cet après-midi au parc floral. Si j’y vais seule, ce sera mieux, finalement.
Je n’ai pas réussi à dormir. J’ai pleuré. En repensant à ton corps. Moi qui n’en ai pas si profité. En tous les cas, pas assez à mon goût. Tu n’aimes pas être caressé et c’est vite palpable. Restés collés l’un contre l’autre a été parfois plus fort. J’ai bu du lait et mangé des biscottes en pleurant. Comment vais-je pouvoir surmonter tout cela ? J’ai décidé de lire Mon livre « La Genèse ». Je suis tombé sur la page 233 et sur le conseil suivant : « si je pense que l’âme est immortelle, je dois pouvoir comprendre que la séparation est temporaire et je ne dois pas avoir de lamentations immodérées ». Merci pour le conseil.
J’ai décidé d’annuler Rome même si on maintient la croisière. Il est inutile de prendre des risques au delà de 13 jours. J’avais réservé une location comme d’habitude quand nous partons mais c’est ennuyeux de devoir faire la cuisine tous les soirs. Une location permet de préparer et manger ce qu’on a envie mais j’aurais souhaité aller au restaurant 1 ou 2 soirs mais tout coûte cher et tu n’as pas spécialement envie de m’inviter. En tous les cas, cela n’a jamais été proposé lors de nos séjours. C’est toujours moitié-moitié et cela m‘agace. Alors que j’organise tout et si bien. Aucune récompense. Même pas un restaurant. C’est un manque de reconnaissance ou une forme d’indifférence.
Pas de nouvelle de celui à qui j’ai proposé un rendez-vous cet après-midi. C’est peut-être mieux comme cela. Je vais aller au marché. J’achèterai des pamplemousses pour continuer à maigrir. Il va falloir s’atteler sérieusement à cette tâche. C’est le meilleur moyen pour me sentir mieux physiquement et moralement. Une espèce de victoire quelque part. Au moins une.
Internet fonctionne. J’ai annulé Rome : changement des dates de vol 60 € et un mail à la logeuse. Je n’ai pas trouvé des pamplemousses au marché. Uniquement de merveilleux abricots pour faire enfin mes confitures d’été. Évidemment, ce n’est pas le même objectif.
J’ai reçu plein de mails d’admirateurs de CUM. Quelques messages sympathiques. Le rendez-vous que j’ai proposé à J. a abouti dans un néant total puisqu’il n’a pas répondu. Encore une réaction qui m’échappe. Affaire à suivre pour les autres. Les messages abondent dans tous les sens. Pas simple à gérer, la photo que j’ai déposée fait vraiment son effet. Merci R..
Cette année, tu m’as invitée pour la Saint-Valentin comme l’année dernière, au restaurant. Le seul de l’année. Finalement, tu as invité plus souvent ton ami G. que moi. Il t’impressionne sans doute et puis il t’aide en te donnant des conseils juridiques. Certainement pas autant que j’ai pu le faire, en conseils, en courriers, en recherche, etc..Il est vrai que grâce à toi, je pense que mon vagin a fonctionné beaucoup mieux. Une vraie révélation. Tu m’as dit que tu n’avais jamais vu cela aussi chez une femme. Venant de toi, le tombeur de femmes, c’est plutôt flatteur. Tu as débloqué physiquement quelque chose en moi. Merci R..
Je vais m’arranger pour reperdre ces kilos inutiles. Ce devait être aussi une forme de carapace ou la recherche de l’assurance de ta flamme quelque soit mon poids. Je me suis bien trompée, je pense. . Maintenant, je me fiche de te plaire en grosse ou en mince. Je veux surtout me plaire et me faire plaisir. Je n’ai plus envie de mettre à l’épreuve tes sentiments au travers de mes kilos. Je ne veux plus être rassurée. À quoi bon ? Il n’y aura sans doute plus d’avenir entre nous. Et puis finalement pourquoi vouloir grossir pour être sûre de tes sentiments ? ça veut dire quelque part que je pensais que tu n’étais pas si loyal. Un homme loyal est celui qui évalue honnêtement ce que l’autre fait et apporte dans le couple. Cela n’a pas été ton cas, pas en totalité.
J’ai regardé tes photos (pour la première fois) quand nous sommes allés visiter Carthage. Tu es un homme séduisant, c’est vrai. Même si tu n’étais pas totalement à mon goût au départ. Et pourtant, je me souviendrai toujours de la minute où tu m’as invitée à danser au cours de salsa. Je savais qu’il se passerait quelque chose entre nous parce que cela se voyait sur ton visage. Ça restera un très bon souvenir toute ma vie, crois-moi. Quand tu m’as invitée, je t ‘ai dit que je ne savais pas danser, tu m’as répondu : « moi aussi ». Alors d’accord, j’ai répondu.
Tiens, je pleure encore. Zut, pourquoi ?
D‘ailleurs, depuis, tu as vieilli aussi et tu as perdu tes muscles.
Je t’ai téléphoné le soir pour te dire que j’ai annulé Rome définitivement. Tu joues les mecs qui veulent restés tranquilles. Reste. Ta réaction m’a fait du bien parce que je l’ai trouvée tellement idiote que toutes mes douleurs se sont un peu calmées.
Lundi 25 août –
Journée sereine. Tout s’est calmé en moi. Parce que tu m’as jetée au téléphone hier et c’est ce que je voulais pour ne pas souffrir et regretter ta gentillesse. Parce qu’il est vrai que tu as été aussi très gentil par moment.
J’ai essayé d’éclaircir tout ce que CUM pouvait m’apporter. Je n’en ai retenu qu’un seul, un musicien, avec lequel je n’ai pas encore échangé les numéros d’appels. Ça viendra. J’en ai contacté un autre mais juste parce qu’il paraissait cool mais sans intérêt. C’est bien ce que je pensais et il est bien fauché en plus. J’ai déjà donné. Il aime les virées en sac à dos. C’est déjà bien et cela s’arrêtera juste là. Mon instinct est intact.
J’ai bien senti que je te plaisais moins depuis que j’aie grossi. Tu me l’as fait gentiment remarqué en me disant que le visage grossissait aussi, qu’il me fallait connaître la magnifique sensation de se sentir plus légère quand on maigrit, etc.. En plus, cette obsession sur la balance tous les matins et tous les soirs. Tu trouvais cela ridicule, je sais mais j’étais aussi très désappointée de grossir. Je savais que j’allais un jour reprendre le dessus mais quand ? Et bien voilà, je maigris ! Depuis ta colère, soit une semaine, je me suis débarrassée d’un kilo. Il est vrai qu’un kilo paraît assez ridicule mais en fait cela marque un palier psychologique que je n’arrivais pas à franchir mentalement. J’étais bloquée. De plus, il y avait encore un kilo, voire presque 2 qui se balançait au gré des fantaisies de mon corps. Et je luttais en permanence pour ne pas décrocher vers un emballement néfaste et dévastateur.
Mardi 26 août -
Il me reste 4 bons kilos à envoyer à la poubelle. Et pourquoi pas 2 avant la croisière ? Histoire d’avoir un peu de marge quand je serai sur les flots. Seras-tu avec moi ou serai-je seule ? Il reste 23 jours pour essayer d’y voir plus clair.
Je suis contente de ne plus t’avoir au téléphone pendant 1 /2 heure au moins chaque soir. C’était lourd à porter aussi pour moi. Cela était devenu une habitude qui pouvait parfois être rassurante mais cette monotonie de l’heure me pesait. C’est peut-être ce poids là dont je me débarrasse aussi, qui sait ? Je pense qu’au bout de presque 3 ans, un couple qui ne se met pas en ménage ou qui n’a pas de projet commun s’use. Mais comment se mettre en ménage ? Tu ronfles. J’ai tant souffert à cause de cela. Même la dernière semaine a été épuisante. Au bout de 2 nuits, il a bien fallu que je me résolve comme d’habitude à me réveiller à 5 heures du matin et à changer de lit. Direction, la chambre de mon fils. Tu n’as jamais proposé de dormir dans le salon et quand je t’ai interrogé, tu m’as dit que mon ex avait dormi dedans et que ça t’embêtait. Baliverne totale. Tu préfères rester confortablement dans un bon lit. Je n’ai pas insisté mais j’aurais du parce que j’aurais accumulé moins de ressentiment. Je viens de téléphoner à ton ORL bien que tu me l’interdises parce qu’il me drague selon toi. Je lui ai bien précisé qu’il fallait qu'il prenne toutes les précautions nécessaires au bon déroulement de cette ultime tentative. Il te propose une orthèse avancée pour éviter que ta langue retombe au fond de la bouche et crée des apnées.
C’est vrai que je le trouvais assez séduisant mais avec 15 ans de moins que moi... Je n’ai vraiment pas envie de retomber dans ces extrêmes. Je pense que si ton orthèse n’est pas au point rapidement, notre départ ensemble sera compromis. Je pourrais supporter 2 nuits mais pas plus. Il me faudra dormir où ensuite ? Ce sera un cauchemar.
Je t’en veux d’avoir mis si peu de bonne volonté pour mettre en place suffisamment tôt des solutions contre ton ronflement. Je t’ai poussé sans cesse, je me suis plainte, j’ai cherché et trouvé des pistes que tu as délibérément freinées parce que tu redoutais une opération inutile. J’ai vraiment lutté. Cela m’a coûté des nuits de sommeil. C’est aussi cela qui me faisait grossir. Mal dormir, pratiquement sauter le repas du midi quand on est ensemble pour se goinfrer le soir. Que d’imbécillités que mon corps rejette !
Je crois que moins tu faisais d’efforts et plus je voulais grossir pour te montrer que chacun doit faire des efforts pour l’autre sinon, ça claque.
Sur CUM, plus de nouvelles de ce J. depuis que je lui ai envoyé 3 photos de moi sur "pieds" comme ils disent. Il me croyait moins en rondeurs, je crois. Tant mieux. Il ne me plaisait pas de toute façon. Plus vieux que toi et moche. Et puis, j’ai 3 kilos en moins depuis. Il reste toujours le musicien et un nouveau Gr. Qui est en plein divorce compliqué. Je vais les contacter par téléphone ce soir. On verra. Il y a aussi F., un nouveau aussi mais il m’inspire moins. Un autre s’accroche. Il est trop grand, flic des stups paraît-il, il ne m’intéresse pas. Donc, deux approfondissements de profils à l’horizon.
Tout cela m’aide à tenir aussi. Sinon, ce serait l’enfer de ne penser qu’à toi. Quand je regarde tes photos de Tunisie et de nos autres voyages, je te trouve si séduisant. Tu vois finalement tu me plais plus que je n’ai voulu l’admettre. J’ai relu tous tes mails. Les « je t’aime » fusent en permanence. C’est grâce à ces mots que tu m’as donné de l’assurance. Merci R.. Et finalement tous ces voyages, je les ai faits parce que j’étais avec toi. J’avais envie de découvrir des destinations simples et belles. On a gagnés tous les 2 sur ce tableau. Merci R..
J’ai essayé de me changer les idées cet après-midi. J’ai redécouvert les qualités de ma machine à coudre. Je vais en avoir besoin pour faire quelques ourlets : les derniers vêtements que j’ai achetés dans le même magasin, toujours pour être belle pour la croisière… avec ou sans toi.
Je ne sais pas si c’est le choc de notre rupture ou si c’est le kilo que j’ai enfin réussi à dégager mais j’ai un début de règles. Bizarre.
J’ai téléphoné à Gr. et on a rendez-vous demain à 14 h. Je ne pense pas qu’il y aura quoi que ce soit de pétillant. Il est trop triste, en plein divorce. Je lui ai dit que j’étais en pleine rupture aussi. Ça ne fera pas d’étincelle tout cela parce qu’on doit digérer ce qu’on vit mais cela fait passer le temps. Je suis étonnée du nombre d’hommes intéressés par mon profil. Il faut dire que ta photo y est pour quelque chose.
Mercredi 27 août -
J’ai eu mon premier rendez-vous avec Gr.. Aussi compliqué que moi. Il m’a dit que je pensais encore à toi. En fait, il ne m’a pas subjuguée et évidemment, j’ai préféré parler de toi. Néanmoins, en copain de quartier, ça devrait le faire. Il lit, il va voir des spectacles, culture parisienne et littéraire, quoi. En plus, il a envie d’aller à l’Opéra. Pas comme toi. Il est trop de gauche à mon goût .. et il n’aime pas les voyages mais je m’en fiche complètement. Il ne m’intéresse pas. En plus, il fait vraiment vieux. Il est très marqué. Intellectuellement, ce sera bien suffisant.
Il fait beau, je portais les vêtements que tu m’as offerts pour mon anniversaire. Ils me vont bien. Je serai belle pour la croisière. C’est sûr. En plus je maintiens tranquillement ce léger amaigrissement. Je me rends compte comment je me suis laissé aller. C’est affligeant. Moins tu faisais d’efforts et moins j’en faisais aussi. La débâcle du couple dans toute sa splendeur.
Je vais continuer à faire un bon ménage dans ma chambre. Cela représente aussi le ménage dans ma tête.
Jeudi 28 août –
Cette rupture me fait le plus grand bien. Je maigris ou je maintiens ce que j’ai réussi à éliminer. Je me suis offert du quatre-quarts hier soir et ce matin. Pas forcément très bon mais j’ai voulu craquer. J’ai envoyé encore quelques messages sur CUM mais ce ne sera pas concluant, à mon avis. En fait, j’ai besoin de m’occuper de moi et de me détendre. Ce que je fais.
Je pense à toi si souvent… mais parfois ce sont tes qualités qui surgissent dans mon cœur : ta tendresse, ton envie de me faire plaisir autant que tu le peut en ce qui concerne les voyages ou les visites, ton aide parfois à faire le ménage. Parfois ce sont tes défauts qui contractent mes muscles : ta nervosité, ton manque d’attention pour amener quelques bricoles à grignoter à la maison, ton manque de réactivité en général, tes expressions verbales très agressives à mon égard quand tu es contrarié au volant, ton appréhension à communiquer avec les autres.
J’espère vraiment que l’ORL va faire son travail cette fois. Il le faut comme cela l’éventuelle décision d’un départ commun ne sera pas pleine de crainte.
Je suis allée chez le kiné. Il n’a pas remarqué que j’aie dégonflée. Il m’a dit « si vous vous sentez mieux, c’est le principal ». Il n’a pas tord. Je pense que toi tu aurais remarqué. Tant pis.
Pourquoi es-tu si actif dans un lit et si passif dans la vie ? J’aurais voulu être plus active dans un lit mais tu ne me laisses pas te caresser comme j’en ai envie. Pour toi, c’est un homme qui doit tout faire. Si tu pouvais penser un peu comme ça en dehors d’un lit, ce serait bien et cela m’arrangerait la nuit et le jour. Il faut avouer que tu es mon meilleur baiseur, malgré tout. Je me demande ce que je vais récupérer après toi.
J’ai fini mon paquet de cigarettes et je me mets à fumer deux mégots. Quel gâchis !
Déjà un autre sujet à développer dans l’urgence : Peut-on rester ami après notre rupture ? On s’était déjà posé cette question au cas où .. J’avais dit non parce que il y a trop de souvenirs et de moments passés ensemble, des lieux, des photos, des mots, des nuits, trop de tout, quoi.
Tu paraissais d’accord avec moi. On verra. En ce moment, j’ai plutôt envie d’imaginer qu’on va se revoir de temps en temps pour s’étreindre profondément. En y réflichissant unpeu plus, je me dis que tu seras complètement bloqué et peut-être moi aussi. Et d’ailleurs pour la croisière, on fera comment ? On sépare les lits. Impossible pour moi durant 13 jours. Infernal. J’irai passer mes nuits dans une autre cabine. Faut pas jouer avec ça, en tous les cas pas avec moi. Corps contre corps. Minimum vital. Des mains, un corps, ce n’est pas fait pour rester recroquevillé. La vie et la chair ne sont pas faits pour cela. Sans obsession sexuelle, juste pour continuer à se dire qu’on est des humains plein de sentiments et d’émotions. C’est le genre de choses qui doivent rester simples. Envie ou pas. Bref, tout est compliqué.
Vendredi 29 août –
Je repère de plus en plus d’hommes intéressants sur CUM. J’ai 3 ou même 4 profils intéressants. Il ne devrait n’en rester qu’un. H. ou M., éventuellement R. Mais c’est assez lent comme prise de contact. Tout le monde est sur ses gardes dans ces circonstances. Moi, la première. Difficile parce que je ne sais pas si notre rupture en est vraiment une. Même si je pense qu’on commence à toucher le fond, je me demande si c’est pour bientôt ou non. Et peut-on rester en contact malgré tout. Je ne sais pas. Je te veux du bien et je pense que c’est réciproque. Je souhaiterais que tu arrives à t’en sortir sur tous les points. Tu le mérites quand même. Si tu viens à la croisière, je serai sans doute moins câline et moins en demande, la faute à ton dernier mail. Plus le temps passe, moins nous nous voyions et plus je me refroidis et pense que la fin est inévitable.
Samedi 30 août –
J’ai de plus en plus de sang. Ça me vide bien. Sans doute que lorsque ce sera fini, je vais encore dégonflée. En plus, je vais mercredi chez ma tante à Biarritz pour 2 jours et si on ne fait trop d’excès, je devrais bien stabiliser. Les 2 kilos en ligne de mire avant le départ de la croisière vont être un peu difficile à supprimer. Il ne reste que 20 jours. Bon, on ne sait jamais.
Dimanche 31 août –
J’ai décidé de faire de "l’accrobranche" avec un groupe de randonneurs. C’était très sympa. J’ai découvert une espèce de sport en pleine forêt. Mikaël est un garçon charmant mais qui recherche sans doute à fonder un foyer. Je m’en fous. En tous les cas, des voyages aux idées neuves sont organisés régulièrement et c’est déjà bien. Les mecs sur CUM ne sont pas très engageants. Ceux qui donnent leur numéro de portable se rendent finalement inaccessible. Complètement incompréhensible.
J’ai dit à mon amie J. qui est aussi en pleine rupture qu’elle devait ignorer le fait de la longue durée et du constructible avec un homme qu’elle rencontre. Je dois appliquer la même règle. Chaque relation un peu suivie peu apporter quelque chose. Ne pas rester 3 années sans avancer ensemble. Avec toi, nous avons progressé individuellement mais pas ensemble.
Lundi 1er septembre –
Je t’ai rappelé vers 13h30 et tu as décroché. Tu m’as expliqué que tu étais chez ta fille à trois reprises, tu l’as super bien « gâtée » pour assurer son bien-être et sa sécurité, tu lui as acheté en plus une guitare et elle t’a même demandé comment tu as pu tenir 2 années sans avoir de ses nouvelles.. Tout faible que tu es, tu ne lui a même pas répondu que c’est elle qui ne répondait jamais à tes appels.. Tu développes une culpabilité assez déroutante envers elle. Tu m’as rappelée le soir et rapidement le ton est monté. Tu m’as proposé que ta fille me remplace sur la croisière. Tu es complètement fou : tu es en pleine de miel avec ta Fifille ou tu cherches à me vexer. Je t’ai dit que je ne t’avais pas proposé cela, que je voulais uniquement discuter sur les conditions d’entente réciproque sur le bateau. J’ai raccrochée, écoeurée. Je t’ai rappelé pour ne pas fuir et aller au bout de ce que je pensais. Nous avons discuté pendant presque 2 heures.
Je t’ai dit que si nous n’arrivons pas à trouver un accord sur les conditions, tu pourrais demander à ta fille de t’accompagner. Les conditions ont été finalement établies : liberté d’action entre nous mais il ne faut pas se blesser mutuellement en draguant ou en se faisant draguer sous les yeux de l’Autre, lits séparés, visites ou repas pas forcément ensemble mais avec accord mutuel, la nécessité de porter une orthèse avancée pour que je puisse dormir.
Mardi 2 septembre –
Je t’ai écrit dans la matinée pour te faire part de mes réflexions nocturnes : Propose à ta fille de venir. J’avais au préalable contacté la société de croisière pour connaître les conditions d’un changement de nom : 100€ et possibilité jusqu’ 17 h le jour même. Je t’ai transféré le message et tu m’as répondu que tu avais déjà beaucoup dépensé pour elle, sans compter tout ce que tu envisageais jusqu’à la fin de l’année. Il semblerait qu'elle va recevoir des cascades d’argent impressionnantes. J’ai décidé de te déverser moi aussi tout ce que je pense sur toi. J’ai écrit un peu vite et j’ai oublié 50% des rancoeurs que j’aie envers toi mais c’est un bon défouloir tout de même.
Tes deux réponses aussi vulgaires l’une que l’autre m’ont obligé à t’exiger de te calmer et à communiquer sur un autre ton avec moi. Tu es vraiment minable.
Mercredi 3 septembre –
La matinée est vite passée et je me suis rendue à Roissy vers 15 h en scooter. J’ai pris l’avion pour me rendre à Biarritz. J’ai bien aimé ce moment. Ma tante H. m’attendait. Elle a été très sympa avec moi. Mieux qu’une mère, en tous les cas la mienne. Sur la route, en rentrant en voiture dans la ville, j’ai pleuré. J’avais mal au cœur de revoir ces lieux, ces rues, c’est trop dur.. Je me rappelais les moemnts doux que nous avions passés ici. Je ne croyais pas que j’allais avoir ce choc.
Jeudi 4 septembre –
On a passé toute la journée entre la mer et la thalassothérapie. Quel bien fou ! Elle est tellement dévouée ! Tellement soucieuse de faire plaisir.
On a refait un restaurant magnifique à Bidard le soir. J’ai bu 2 sangrias. Pompette. On est allé au bord de l’eau ; Je n’ai pas résisté au plaisir de t’appeler anonymement sur ton portable. Quand tu as décroché, je t’ai fait entendre les vagues. H. m’a dit que cela pourrait te vexer. Moi, j’ai simplement pensé à toi par nostalgie. Tuante, cette nostalgie.
Vendredi 5 septembre –
Toujours thalasso et un super bain plein de vagues dans la mer. J’étais contente. Ma tante m’a déposé à l’aéroport vers 19h. Je me sentais bien. Retour à Paris. Scooter à Roissy. J’ai retrouvé mon fils O. Contente aussi de le revoir.
Dimanche 7 septembre –
J’ai décidé de participer à la randonnée organisée par un groupe de randonneurs à Maison-Lafitte. C’était très bien. J’ai respiré et parlé à des filles que je ne connais absolument pas de ma rupture avec toi. Certains témoignages ont été édifiants pour moi. Elles ont eu le même obstacle avec leur copain : toujours des enfants mal assumés qui rejaillissent bizarrement dans le couple. Les pères culpabilisés. Le Club.
Lundi 8 septembre –
J’ai décidé que je ne t’écrirai plus. Ni pour te demander mon chèque, ni pour te donner rendez-vous à l’aéroport. Quoi qu’il arrive, je m’en fiche, je t’ignorerai jusqu’à temps que tu sois correct. Après cette croisière, je te donnerai RV pour récupérer mes affaires personnelles chez toi, faire l’échange de clefs et prendre mon chèque. Point barre. On tourne la page. Tu ne peux rien m’apporter de plus. Moi, j’aurais pu encore mais tu as tiré déjà pas mal. Je pleure encore pourtant. J’entends la chanson « Last Chrismas » et je pleure encore. J’ai mal. Je me suis attachée à toi. C’est fou. Ça va être dur de t’oublier.
Je passe d’un sentiment à l’autre envers toi. Si j’avais rencontré un autre homme, je me sentirai mieux sans doute. Je ne sais plus. Cette chanson me rappelle quand tu me l’avais trouvée et téléchargée. J’avais trouvé cela si gentil de ta part. Je pense que dorénavant j’exprimerai plus sincèrement mes sentiments envers un homme.
Par mail, nous nous sommes souhaité « Bonne route » … Il va bien falloir s’y engager. Doucement.
Ce ne sera pas facile, c’est sûr. Je n’oublierai jamais tes actes de tendresse. Mais je n’oublierai pas non plus tous tes défauts. C’est devenu sans doute trop lourd à porter pour moi maintenant. J’ai moins de patience. Evidemment, tu as fait beaucoup de progrès.
Mais je souhaitais que : tu aies une activité professionnelle stable, tu arrêtes de remplir indéfiniment tes fichiers Excel, tu sois plus lucide et clair avec ta fille tout en restant bienveillant, tu sois plus attentionné sur le plan des courses pour la maison, tu gagnes suffisamment d’argent pour assumer des voyages plus lointains, des dîners plus élaborés, tu sois moins nerveux mais plus réactif dans la vie de tous les jours, tu te laisses faire dans un lit. Bon, j’arrête, à quoi bon ? Je suis triste, sache le. Mon fils m’a dit hier que je paraissais beaucoup plus amoureuse maintenant qu’avant.. Je crois que c’est vrai.
On s’est quand même beaucoup donné.
Jeudi 11 septembre –
J’ai vraiment besoin de t’entendre et de te parler. Je ne résiste plus. Je te téléphone chez toi. Personne. Je ne laisse pas de message. J’appelle sur ton portable quelques minutes plus tard et tu décroches. Tu viens de rentrer chez toi et tu es étonné d’avoir tant de « non-messages». Des personnes qui t’appellent mais ne laissent rien sur ton répondeur... Bref, c’est peut-être ta famille ou encore ta dernière conquête avant moi, M., désespérée de ne pas avoir su te garder. Elle ne te plaisait pas assez paraît-il. Je fais le pari qu’à l’usure tu reviendras vers elle. Par faiblesse, comme tous les hommes, finalement. Nous avons parlé pendant 2 heures et demi. Pour rien.
Vendredi 12 septembre –
Il faudra du temps et de la résistance. J’y arriverai. Je m’aperçois que je t’ai aimé. Bizarre, je te trouvais tant de défauts. Je pense qu’il me manque surtout la tendresse de bras aimants. Si je rencontre un autre Homme, je t’oublierai plus vite sans doute.
Je maigris encore et c’est déjà un bon départ.
jeudi 28 août 2008
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